Minuit dans le désert

Être dans la gratitude - Mon boulot

(Je réserverai un dimanche sur deux à un aspect de ma vie pour lequel j'ai de la gratitude. C'est une façon pour moi de remettre les choses en perspective et d'ouvrir mon cœur au présent.)

Aujourd'hui, j'ai de la gratitude pour mon boulot. C'est quand même la septième fois que j'écris sur le thème de la gratitude sur ce blog, et il fallait bien que j'écrive un jour sur mon emploi.

J'ai occupé toutes sortes de postes avant d'arriver à celui que j'ai présentement. Je considère que pour celui-là, j'étais au bon endroit, au bon moment. J'ai vécu plusieurs années sur des salaires de crève-faim; j'ai travaillé quelques années à au moins trois endroits différents en même temps pour réussir à cumuler l'équivalent d'une semaine de travail; j'ai songé à déménager loin et à changer de métier... Et lorsque j'étais dans les préparatifs pour me décider à partir, quelqu'un a enfin vu une offre d'emploi pour moi... Je suis restée. J'ai maintenant une sécurité d'emploi, ce que mes parents n'ont jamais eu eux-mêmes... Je les ai vu galérer pendant toute ma jeunesse, être à la merci de leurs supérieurs et des crises économiques... Mais moi? Non. Et je connais ma chance.

Mes journées sont parfois très intéressantes et d'autres jours, c'est complètement le contraire. C'est la réalité de mon emploi. Je ne vis pas de mes passions : si c'était le cas, j'aurais à vivre d'amour et d'eau fraiche... J'ai tenté par le passé de gagner (une partie de) ma vie par mes talents artistiques et même si j'étais plutôt sollicitée, ça ne menait à rien. J'ai tué mon art de cette façon : ce qui m'était sacré est devenu un vulgaire gagne-pain mal payé... Plus jamais je ne referai une telle erreur.

J'aurais les aptitudes pour accéder à un poste supérieur au mien, mais voilà, je n'en ai pas les certifications. Et l'ironie est que, si j'étudiais pour obtenir ces certifications, je n'aurais plus le droit par la suite d'effectuer les tâches que je préfère dans mon boulot. Je dirigerais des équipes, oui; mais je me ferais taper sur les doigts pour le reste... J'ai donc arrêté les études que j'avais entreprises : je dois rester ignare jusqu'à un certain point pour préserver mon bonheur au travail. Bureaucratie, quand tu nous tiens!

Cependant, tout cela m'importe assez peu. Je ne connais pas le blues du dimanche soir. Je le connaissais dans plusieurs de mes jobs précédents, ceux qui me semblaient sans avenir et qui payaient mal... Mais à présent, je suis heureuse au travail. Oui, il y a des jours, voire des semaines, que je déteste; mais globalement, j'ai l'impression d'y être utile et d'y être appréciée. J'apprécie mes collègues et nos petites habitudes... J'apprécie pouvoir utiliser ma créativité afin d'implémenter de nouvelles façons de fonctionner... J'essaie de m'y réaliser lorsque c'est possible... Je construis mon bonheur là-dedans.

Et il faut dire qu'en 2026, le mot d'ordre à l'échelle de la planète est « survie », et je m'accroche à ma façon pour traverser la vague... Éprouver de la gratitude envers mon emploi me parait donc essentiel.

#gratitude