Minuit dans le désert

Les archétypes féminins selon Jean Shinoda Bolen, transposés à ma vie

Je ne suis pas sortie indemne de ma lecture du classique Goddesses in Everywoman (1984) de Jean Shinoda Bolen lorsque je l'ai lu la première fois. L'auteure se sert des déesses grecques comme archétypes psychologiques pour décrire certaines dynamiques dominantes, nous aider à comprendre les obstacles y étant liés et à les dépasser. Et je me suis reconnue dans plusieurs de ces archétypes, bien que certains m'aient parlé plus que d'autres. Je les décris ci-dessous.

Athéna. Je trouve la déesse Athéna captivante comme stratège militaire et déesse de la sagesse, de la pensée et des arts. Elle comprend, elle analyse, elle s'adapte, toujours. C'est une déesse impeccable à l'intelligence supérieure... Comment ne pas l'admirer? Il y a une froideur émotionnelle bien installée chez elle et qui me rassurait beaucoup par le passé; je voyais en elle une sorte de permission à rester dans le contrôle. Ma préférence est toujours allée vers Athéna parmi les déesses majeures du panthéon. Puis est venu l'âge où j'ai découvert que je n'étais pas seulement mon mental, mais que j'avais aussi un instinct. Athéna reste mon coup de cœur, mais je sais que je dois explorer les autres archétypes pour connaitre l'équilibre. 

Artémis. Pour être honnête, la déesse Artémis m'effraie encore un peu. Je suis toujours un peu déroutée par les sauvageonnes dans son genre, dont on ne peut prédire les mouvements… Je ne la comprends donc pas tout à fait, mais — peut-être est-ce pour me confronter — je retrouve plusieurs de mes amies sous l'archétype d'Artémis. Il m'est évident que je ne suis pas semblable à elles, mais j'apprends de leur esprit d'indépendance et de leurs nombreux coups de tête. Artémis représente pour moi l'amitié féminine, la liberté et l'intuition.

Korè (la jeune Perséphone). Celle-là m'a fait mal, parce que ça m'a rappelé l'emprise qu'on a eu sur moi durant mes jeunes années. J'écris au sujet de ma mère sur ce blog pour réapprendre à me souvenir du beau et à lui pardonner... N'empêche que j'ai trouvés difficiles à lire les passages sur le complexe Déméter-Perséphone (complexe mère-fille). Une jeune fille ne se retrouve pas coupée de sa puissance personnelle par hasard : il faut des années de répression pour y arriver... C'est la mère que j'ai eue... et la jeune fille que j'étais avant d'être poussée par un élan que je n'espérais plus pour me transformer.

Perséphone, reine des enfers. Celle-là revient de loin et a sûrement consulté une thérapeute comme je l'ai fait pour réussir à remonter à la surface. Il n'y a plus un seul sujet tabou à mes yeux, pas une pierre que je n'ai pas retournée, pas une question que je n'ose plus me poser. Je décrirais la chose comme un mélange de lucidité radicale et de travail existentiel... Hélas, je ne peux discuter de ces sujets qui me passionnent puisque cela intéresse habituellement très peu les gens. Je dédie donc ce blog à l'archétype de Perséphone, reine des enfers... La version de moi qui racontera son histoire à qui voudra bien la lire.

Somme toute, Goddesses in Everywoman est une formidable lecture qu'il fait bon aborder avec l'esprit ouvert pour profiter de ses enseignements.

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