Réflexions sur l'amour, no. 1
Je crois que je ferai une série de réflexions sur l'amour, puisque c'est un sujet sur lequel j'aime beaucoup écrire. J'en écrirai deux, puis je les éparpillerai ensuite dans le temps. Aller, je me lance...
L'amour passion versus le refus du sacrifice
J'ai constaté une fois de plus récemment que certaines personnes persistaient à rester en couple avec celles qui les faisaient souffrir.
D'abord, j'ai vu des personnes se dévouer à des individus autodestructeurs, en espérant les sauver par leur amour; des êtres que la vie a blessés et qui sont devenus complexes par les problèmes qu'ils devront affronter un jour... Je pense aussi à ces histoires que l'on m'a contées et qui mettaient en scène des individus ambivalents qui soufflaient le chaud et le froid sur la relation; l'aspect humiliant de cette dynamique comptait autant que le mystère envoûtant qui se dégageait de ces personnes insaisissables... Et évidemment, on m'a mise au courant de combats perdus d'avance; on m'a parlé d'amours impossibles où le bel individu était déjà aimé ailleurs, et j'en ai compris que l'aspect désespéré de la chose ne rendait que plus séduisant l'amant en question.
J'ai surtout découvert ces histoires par les récits que l'on m'a contés; ce sont des récits pour moi, puisque mon quotidien est très, très loin de cela. Pour être honnête, je ne pensais pas qu'autant de personnes acceptaient de vivre autant de douleur et de souffrance dans une relation. Je pensais que c'étaient des histoires de romans... Mais non.
Quelle pourrait être la raison derrière l'acceptation d'autant de souffrance? La passion. La passion est souffrance. On a pris un concept biblique et on l'a transposé dans les rapports amoureux. On a commencé à croire que l'amour, le vrai, devait coûter quelque chose... Qu'il devait consumer tout entier... On a cherché un salut par l'amour... Une raison d'être et d'exister...
Il y a un aspect romanesque dans cette idée, quelque chose qui relève de l'amour courtois qui me faisait beaucoup rêver lorsque j'étais jeune. C'est un sujet qui me tenait très à cœur par le passé et qui sera toujours d'une certaine importance pour moi. La différence est que je sais maintenant que je ne peux vivre cette idée que par l'imagination.
Je ne peux expérimenter ce qu'est l'amour passion, parce que je refuse précisément le sacrifice qui pourrait me le faire connaitre.
Je me surprends à crier « quitte-le!!! » à ma télé lorsque je vois un personnage souffrir d'une situation malheureuse à cause de son amant. Je n'ai aucune patience, aucune tolérance pour la souffrance en amour.
En psychologie psychanalytique, on dirait de moi que je refuse la « jouissance dans la souffrance ». Ce concept m'est effectivement étranger et je commence à comprendre à quel point une vie amoureuse peut en être transformée.