Réflexions sur l'amour, no. 3
Aller... Un dernier texte pour la forme avant de changer de sujet.
Celui qui m'aimerait d'un amour infini
Petite, je rêvais... Je rêvais d'une personne qui m'aimerait d'un amour infini. Une personne qui prendrait soin de moi, qui me comprendrait totalement... Une personne dont je ressentirais constamment la présence dans mon cœur, qui me rendrait courageuse et épanouie... Une personne qui me ferait aimer la vie en lui donnant un sens, qui apaiserait mon vide intérieur existentiel...
Et cette personne, évidemment que moi aussi je l'aurais aimée d'un amour infini. C'était là mon plus grand souhait : me sentir brûler d'amour pour quelqu'un.
C'est beaucoup demander à un seul homme, n'est-ce pas?
Mais je l'espérais quand même... Après tout, c'était l'idée générale des discours sur l'amour que j'avais entendus depuis mon plus jeune âge. C'était sûrement plus présent dans les films dédiés aux petites filles que dans les films pour petits garçons, mais je pense que tout le monde y a goûté un jour ou l'autre... L'idée de trouver la personne faite pour soi.
LA personne... Car il n'y en a toujours qu'une à la base. Quand j'étais petite, on espérait trouver son âme sœur; ces temps-ci, je découvre que les gens parlent plus souvent d'une flamme jumelle... Peu importe... Le concept tourne autour d'un être unique.
Plusieurs n'adhèrent pas à cette idée, mais moi j'y tenais beaucoup lorsque j'étais plus jeune. Aujourd'hui, je repense à ce souhait en comprenant qu'il pouvait être, entre autres, expliqué par la psychologie.
Je n'étais donc pas aussi spéciale que je le croyais. J'avais le même souhait que des millions d'autres et ça me fait réfléchir.
Et si...
Et si la personne dont nous espérions tant recevoir l'amour n'était pas une personne?
Et si nous nous conditionnions à espérer rencontrer une personne, parce qu'il nous était trop difficile d'imaginer éprouver de l'amour pour quelque chose d'autre?
Et si cet espoir de vivre quelque chose d'unique et de grandiose relevait du spirituel, et qu'il s'agissait là de la seule véritable façon de se savoir conforté et aimé à l'infini?
J'ai exploré ma vie intérieure et j'y ai rencontré ce que je cherchais.
Ça s'est passé un mois de septembre, je m'en souviens très bien. J'avais eu ce pressentiment au début du mois; et à la fin septembre, j'étais changée. J'étais triste, aussi... Très triste... J'avais compris en mon être qu'un être humain ne m'amènerait jamais l'amour surhumain que j'espérais de lui. J'avais pressenti qu'il s'agissait d'autre chose, et j'en étais déstabilisée.
À quoi bon vouloir plaire, alors? À quoi bon rêver encore? J'ai ressenti un grand vide en croyant que tout était vain. Cela a duré quelques mois, puis la vie m'est revenue. Je me suis mise à considérer tous les gens comme des êtres faillibles — moi la première — et j'y ai vu la beauté. Les hommes avaient perdu de leur mystère, puisqu'ils ne portaient plus mes espoirs... J'étais maintenant capable de les aimer pour ce qu'ils étaient réellement; je vivais désormais dans la réalité et non plus dans le rêve.
Je sais maintenant que celui qui m'aime d'un amour infini n'est pas humain... Et je m'autorise à brûler d'amour pour lui sans crainte de brûler quiconque autour de moi. Ainsi, je ressens la complétude en mon être.
Je souhaiterais ce bonheur à tout le monde.