Minuit dans le désert

Retrouver l'émotion du partage artistique sans les réseaux sociaux

J'ai quitté (ou presque) les plateformes Meta il y a plus d'un an, en me disant que j'allais toutefois y revenir un jour. J'ai donc désactivé mon profil Facebook, car il y avait déjà longtemps que j'avais désactivé celui d'Instagram. (Je dis bien désactivé, et non pas supprimé.) Je n'utilise présentement que l'application Messenger, qui me reste indispensable pour contacter certaines personnes impossibles à joindre autrement.

J'avais une page d'artiste pour partager mes œuvres visuelles et je sens qu'elle me manque un peu ces temps-ci. Je l'ai désactivée elle aussi il y a plus d'un an, sans en informer personne. Pour être honnête, je n'ai jamais aimé me retrouver à lire de grands textes qui tentaient de justifier la fermeture prochaine d'un compte ou d'une page... Je préférais être devant le fait accompli et constater qu'une page n'existait plus. Dans ces moments, je me disais toujours que cette personne avait bien fait.

C'est mon sentiment premier. Je suis d'avis que les réseaux sociaux les plus populaires nous nuisent plus qu'ils ne nous aident : ceux qui les quittent de leur plein gré ont donc mon plus grand respect. Ils n'auront jamais besoin de m'offrir d'explications, je serai toujours de leur côté.

Mais en ce moment, je suis divisée... Je m'ennuie un peu de partager mes œuvres et d'avoir de beaux retours comme j'en avais. J'ai pensé demander à quelqu'un de s'occuper de ma page d'artiste, mais ça me paraitrait mentir aux utilisateurs; j'aurais l'impression de les encourager d'une certaine façon à rester sur un site web que je déteste. Car oui, je déteste profondément ce site web. Sa façon de fonctionner agissait parfaitement sur mon esprit pour me rendre accro et me déprimer au plus haut point. C'est comme si les ingénieurs s'étaient basés sur mon cerveau pour préparer leurs algorithmes. Je réagissais à tout, et c'est la honte de m'en être rendue compte qui m'a fait quitter ce site.

Plus j'écris ce texte, plus je me rends compte qu'un éventuel retour serait vide de sens. Mais l'émotion dans le partage et le bonheur que je ressentais étaient bien réels, eux...

Si j'y pense bien, ce dont je m'ennuie est :

La sensation de malaise que j'éprouvais sur cette plateforme était cependant beaucoup plus importante que je bonheur que j'en retirais. Je ne peux pas oublier le sentiment de délivrance lorsque j'ai cliqué sur « désactiver ». Quelle légèreté j'avais senti...

Bref, pour l'instant, c'est le statu quo.

#art #créativité #introspection #réseaux sociaux