Minuit dans le désert

Loin de la surstimulation et des comparaisons

J'écrivais dans un billet précédent que je ne m'étais pas connectée aux plateformes Meta depuis plus d'un an. J'y écrivais simplement que je m'y sentais mal. La raison? Il y en avait deux : d'abord, une surstimulation mentale qui m'a enlevé toute capacité de concentration et m'a rendue incapable de lire un simple livre pendant de nombreux mois... La seconde raison était la comparaison. J'étais épuisée de me comparer sans le vouloir à tout ce que je voyais passer comme publications. Toujours très peu de texte, hélas... Surtout de belles grosses photos.

Un voyage. La naissance d'un enfant. Un mariage. La réception d'un prix. Une promotion. La sortie d'un livre. Un marathon terminé. L'achat d'une nouvelle maison. Un nouvel emploi. La fin des études de quelqu'un. Une première exposition. La vidéo d'un concert auquel quelqu'un a assisté. Un anniversaire. Un autre voyage. La naissance d'un autre enfant. Un autre mariage. La réception d'un autre prix. Une autre promotion. La sortie d'un autre livre. Un autre marathon terminé. L'achat d'une autre nouvelle maison. Un autre nouvel emploi. La fin des études de quelqu'un d'autre. Une autre première exposition. La vidéo d'un autre concert auquel quelqu'un a assisté. Un autre anniversaire.

Des événements et des réussites partagés à un rythme étourdissant.

Même si j'ai vécu beaucoup des choses mentionnées plus haut, je ne pouvais m'empêcher de me comparer aux gens qui les célébraient à toute heure du jour ou de la nuit sur les médias sociaux. Je savais bien que c'étaient peut-être 25 ou 50 personnes différentes qui réussissaient, ensemble, à cumuler tous ces accomplissements... Mais ça reste 25 ou 50 fois où je me suis comparée à elles en me diminuant au travers.

Et à force de le faire, ces quelques 25 ou 50 personnes se sont fondues en une seule, informe et terriblement menaçante : le portrait type de la personne qui réussit incroyablement bien sa vie.

Une personne qui n'existe pas mais qui m'atteignait, pourtant...

En lisant sur le réflexe de se comparer aux autres, je suis tombée sur la Théorie de la comparaison sociale, développée en 1954 par Leon Festinger. Je me suis particulièrement intéressée à ce passage sur Wikipédia qui parlait de la comparaison sociale :

Types de comparaisons sociales

En psychologie sociale, la comparaison sociale (ascendante et descendante) désignent deux orientations du processus par lequel un individu évalue ses opinions, ses aptitudes ou sa situation en se référant à celles d’autrui, conformément à la théorie de la comparaison sociale formulée par Leon Festinger en 1954. On décrit souvent trois types de comparaisons.

Comparaison sociale ascendante : c'est la tendance à se comparer à des personnes que l'on juge supérieures à soi, sur un critère donné (compétence, réussite, statut, apparence), ce qui peut stimuler la motivation et l’apprentissage mais tend aussi, selon le contexte, à diminuer l’estime de soi ou à générer des affects négatifs si la comparaison est possible (avec des pairs).

Comparaison sociale descendante : c'est la tendance à se comparer à des personnes que l'on juge inférieures à soi (par exemple perçues comme moins favorisées ou moins performantes). Elle peut procurer un sentiment temporaire de satisfaction ou de supériorité et contribuer à la régulation émotionnelle, mais elle peut aussi induire un biais d’auto‑évaluation.

Comparaison latérale (avec des personnes jugées semblables à soi).

Ces deux ou trois formes de comparaison peuvent coexister chez un même individu (selon les moments et contextes) et jouent un rôle important dans la construction de l’identité, la perception de soi et le bien‑être psychologique. Leurs effets varient selon les caractéristiques personnelles, la nature du domaine évalué et le contexte social.

À l'époque où cette théorie est sortie, les gens avaient des modèles de comparaison limités : c'étaient les personnes de leur quartier, de leur école, de leur quotidien... Ces modèles étaient restreints dans le temps et l'espace, en plus d'être entourés d'une couche de vie privée.

Aujourd'hui une personne a plutôt l'occasion, si elle le désire, de se comparer en permanence avec les meilleurs modèles de réussite de la terre entière...

Certains ne se sentent aucunement interpellés par cette réalité. J'aimerais être comme eux mais malheureusement, je ne le suis pas. Je suis trop sensible de ce côté là. C'est tout ou rien. Soit je m'éloigne de ce monstre, soit j'y succombe et je me dévalorise.

Je crois que j'ai eu ici la confirmation définitive à mes interrogations.

#introspection #psychologie #réseaux sociaux